La pseudo-variété dans les linéaires

De nos jours, les linéaires n’ont jamais été aussi pleins de produits alimentaires en tous genre. Face à cette profusion de l’offre, de références et de marques, le consommateur peut parfois être perdu. De l’autre côté, cela laisse un vaste choix. Je ne vous apprends rien lorsque je vous dis que les marques des produits sont très rarement les noms des entreprises qui les commercialisent. Par contre, savez-vous combien d’entre elles se cachent derrières l’offre foisonnante que l’on trouve dans nos supermarchés ?

Le Dr Phil Howard de la Michigan State University a réalisé une étude passionnante sur les propriétaires des marques de boissons non alcoolisées (hors 100% jus, 100% eau et à base de lait) aux Etats-Unis. Il en ressort qu’en 2008, 987 références étaient vendues sous 195 marques et commercialisées par 102 entreprises. Là où ça devient croustillant, c’est que 3 entreprises possèdent 89% de l’offre de BRSA ! Celles-ci sont Coca-Cola (42.8%), Pepsi (31.1%) et Dr Pepper (15%). Le diagramme ci-dessous permet de visualiser très facilement l’importance de ces données. Pour les plus curieux, voici aussi le lien vers une version « zoomable » avec la molette de la souris.

Cette étude est bien entendue critiquable (voir la méthodologie) et ne saurait être représentative du marché français. Elle a néanmoins le mérite d’illustrer mon propos, à savoir la « pseudo-variété » (pseudovariety).

En effet, une poignée de géants de l’agroalimentaire contrôlent l’offre auquel nous avons accès. On peut par exemple citer Kraft, Unilever, Bel, Nestlé, Danone, Bongrain, Lactalis… Vous allez me dire qu’il existe aussi une multitude de petites entreprises et vous avez raison. Par contre, le nombre de références quelles proposent en comparaison avec les grands groupes est tout simplement riquiqui de même que la fréquence d’achat. Je pense ne pas me tromper en disant que, pour la majorité d’entre vous, la part des produits de petites entreprises dans votre caddie est toute petite. J’ai aussi le sentiment qu’on les achète pour leur côté « premium », un peu comme si c’était la cerise sur le gâteau, le petit plaisir qu’on s’accorde de temps en temps.

La question que je me pose est de savoir si vous, en tant que consommateurs, cela vous dérange de savoir qu’au final les produits que vous mangez appartiennent qu’à quelques entreprises ? Aimeriez-vous plus de transparence de la part de ces géants qui souvent se font oublier derrière les marques ?

Je ne sais pas vous, mais ce sujet de pseudo-variété m’intéresse énormément. Peut-être que ce sera l’objet d’un mémoire d’étude. Qui sait… ?