De la viande artificielle en 2020 ?

70 millions de tonnes au début des années 1960.

284 millions de tonnes en 2007.

Ces chiffres correspondent à la consommation de viande dans le monde et représentent un accroissement de plus de 305% en une 40ènes d’années. Mais ce n’est que le début puisque la FAO prévoit que les chiffres de 2007 doubleraient d’ici à 2050, avec pour raison principale l’augmentation du niveau de vie des pays émergents comme la Chine ou l’Inde.

Bien entendu, cela pose la question de la production d’une telle quantité de viande d’autant plus que, selon Michel Griffon – agronome et économiste, la surface de terres agricoles disponibles ne sera pas suffisante.
C’est pour cela que plusieurs équipes de chercheurs sont en train de mettre au point un processus permettant de cultiver de la viande sans avoir recours à des bêtes. Ce procédé, qui est déjà utilisé pour fabriquer de la bière ou bien des yaourts, est en théorie assez simple. Pour faire court, il suffit d’isoler des cellules souches de porc, de poulet ou de bœuf, puis de les faire se multiplier dans un « milieu favorable » pour qu’elles se transforment en fibre musculaire pour enfin les mettre dans un « bioréacteur » où elles se développeraient en volume.

La NASA s’est très rapidement montrée intéressée, puisque cela permettrait de fournir de la viande aux astronautes qui partiraient sur Mars.

Par contre, cette technique soulève un certain nombre de questions :

  • Quel sera le goût de cette viande ? Sa texture ?
  • Quelle sera sa forme ?

Pour donner une réponse, les chercheurs ont simplement dit : « Ce sont des problèmes de marketing et ils seront abordés quand les verrous technologiques seront levés ».

Bien que cette technique permettrait de répondre à la demande et de proposer de la viande plus saine, elle n’est pas sans inconvénients. Ainsi, Jean François Hocquette de l’INRA, annonce que ce projet de production de masse est utopique puisque les coûts seraient exorbitants. En effet, les quantités d’hormones de croissance et d’antibiotiques seraient tout simplement phénoménales. De même, n’oublions pas l’importance de « l’élevage traditionnel pour l’entretien des territoires en herbe et des paysages ». M. Griffon ajoute qu’il serait plus efficace de consommer directement les protéines végétales (essentiellement du soja) plutôt que de les trouver à travers le bétail comme c’est le cas dans le cadre de l’élevage intensif.

Pour ne pas simplifier le débat, des associations de défense des animaux comme Peta ont annoncé être prête à manger cette viande artificielle plutôt que de la naturelle au vue des « conditions épouvantables » de l’élevage en batterie.

En 2020, les chercheurs espèrent avoir terminé de mettre au point cette méthode.

Bon… et bien que dire de tout ça ? Je ne vous cache pas que cet avenir annoncé ne me réjouit pas vraiment. Ce qui est certain, c’est que l’on va être obligé de trouver des solutions à ce problème. Dans un premier temps, celle qui me paraît la plus simple consiste tout simplement à manger moins de viande. Bien que je ne sois pas un expert, je me dis que c’est juste une question de volonté.

Si vous êtes curieux, je vous invite à lire Ravage (1943) de René Barjavel et notamment les pages 40 à 43…

Et vous alors, seriez-vous prêt à manger de la viande artificielle ?

Source : Le Figaro, jeudi 11 mars 2010, p.11

A voir aussi:

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5 commentaires pour le moment
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Ce qui me fait un peu sourire c’est que si l’on compare cet article à ce lien: http://perspective.usherbrooke.....PP.MT.html on voit bien qu’il y a un problème quelque part….

D’une part la consommation de viande augmente, mais d’un autre les producteurs diminuent ! On comprend bien que maintenant et dans le futur, la viande ne sera plus « française ».
J’ai récemment vu aux infos une diminution impressionnante des producteurs de bovins en France, ce qui fait que l’agriculture chez nous est extrêmement menacée.

Franchement, il faut soutenir nos producteurs, arrêtons d’acheter de la viande d’origine de Pétaouchnok, notre agriculture est belle et les gens qui nous nous nourrissent le font depuis longtemps avec beaucoup d’amour et de travail acharné !!!

Je ne lance aucun débat, je dis juste ce que je pense.

Ca me fait vraiment très peur tout ça, après le fromage artificiel sans lait, la viande sans animaux, bon je respecte tout à fait le végétarisme et le fait de pouvoir élever les animaux dans des conditions descentes, notamment avant l’abattage, par contre là non !

Bref on va bientôt manger de la nourriture qui pousse via des procédés chimiques sans vraiment savoir de quoi il s’agit, de la viande qui pousse en éprouvette, des légumes qui n’ont jamais vu le soleil et poussent en 1 semaine …
Je suis sur qu’avec les milliards investis dans ce genre de recherche on peut tout à fait trouver le moyen de faire pousser des céréales pour les pays qui en ont besoin, de vrais produits pour résoudre les problèmes économiques et écologiques.

@ Ritsuka : Et même si tu voulais lancé un débat, tu as le droit :). Justement, je cherche le débat, car je trouve ça constructif.

@ Zeibacker : Je t’invite à lire les pages 40 à 43 du livre Ravage de Barjavel. Tu me diras ce que tu en penses…

Bonjour à tous.
C’est bien beau de vouloir nourrir le Monde entier avec de la viande synthétique, mais je suppose que, tout comme pour les OGM, il y aura des brevets déposés, des droits, des taxes et finalement des coûts exorbitants. Et je ne pense pas que cela soit à la portée de l’Humanité toute entière, qui peine déjà à s’acheter de la viande ‘normale’…
D’un autre côté, le débat sur les propriétés allergisantes des OGM n’est pas encore clos. Il en sera sans doute de même pour cette viande bourrée de facteurs de croissance (cf. poulet aux hormones), de cellules souches « omnipotentes » (dont on n’est pas vraiment sûr qu’elles n’évoluent pas vers un stade cancéreux), et j’en passe…
Bref, un beau bouillon de culture qui ne vaudra sans doute pas une bonne poule au pot (dixit Henri IV), ou une entrecôte issue d’une agriculture plus réfléchie, sensée et soucieuse des Hommes, des animaux, tout autant que de leur environnement.
A l’ère du « tout pour l’environnement », l’extrémisme ‘bio’ risque fort de se retourner contre ses plus farouches partisans en créant des chimères qui ne feront que masquer/remplacer les vrais problèmes.
A bon entendeur…
Boetz57.

[…] à chacun le temps de se faire à l’idée qu’un jour, peut-être, on ne verra plus la viande pareil. var hupso_services_t=new Array("Twitter","Facebook","Google […]

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